Le Ministère de l’Homme-Esprit de Louis-Claude de Saint-Martin
Dans son travail mystique, l’homme ne doit pas s’intĂ©resser uniquement Ă sa propre Ă©volution spirituelle. Son dĂ©veloppement doit participer au progrès de toute la CrĂ©ation. Ce progrès ne peut se faire sans lui, car l’homme est responsable de l’Ă©tat actuel de la nature. Comment l’homme peut-il mener Ă bien ce travail qui constitue son Ministère, et quelles en sont les Ă©tapes majeures ? C’est ce que Louis-Claude de Saint-Martin nous propose de dĂ©couvrir dans ce livre.
Le Ministère de l’Homme-Esprit peut ĂŞtre considĂ©rĂ© Ă juste titre, comme le testament spirituel de Louis-Claude de Saint-Martin. D’abord parce qu’il constitue son dernier ouvrage, mais aussi parce qu’il est probablement celui dans lequel il s’exprime le plus clairement.
C’est en 1802, chez Migneret Ă Paris, que ce livre connaĂ®t sa première Ă©dition. Après cette publication, le Philosophe Inconnu n’offre plus de production personnelle Ă ses lecteurs, mais ses traductions des Ĺ“uvres de Jacob Boehme. Depuis quelques annĂ©es en effet, notre philosophe consacre une grande partie de son temps Ă la traduction des livres de cet auteur.
Le Ministère de l’Homme-Esprit tĂ©moigne de l’influence de Jacob Boehme sur le Philosophe Inconnu. Cette marque est si prĂ©sente que J. M. QuĂ©rard prĂ©sentait ce livre comme Ă©tant la traduction d’un ouvrage de Boehme. Il est certain que dans ce livre, les idĂ©es de Boehme sont très prĂ©sentes. Des thèmes comme ceux de la Sophia, de l’Éternelle Nature, ou de l’imitation du Christ montrent Ă quel point notre philosophe avait fait sienne les principales donnĂ©es du cordonnier de Görlitz.
Certaines pages du Ministère se prĂ©sentent effectivement comme un condensĂ© des thĂ©ories que Boehme expose dans son ouvrage intitulĂ© : L’Aurore Naissante. Dans le premier chapitre le Philosophe Inconnu consacre seize pages Ă une explication des sept puissances de la nature et de la structure de l’univers selon les thĂ©ories-de Boehme. Ces pages comprennent une description de chaque astre du système solaire. Dans ces textes, Saint-Martin a utilisĂ© de larges extraits du chapitre vingt-cinquième de l’Aurore Naissante : « Du corps entier de la gĂ©nĂ©ration des Ă©toiles ; c’est-Ă -dire, l’universelle astrologie, ou le corps entier de ce monde ». MĂŞme si l’influence de Boehme est très prĂ©sente dans ce livre, il n’en reste pas moins vrai que la rĂ©flexion que Saint-Martin propose Ă ses lecteurs, reste profondĂ©ment originale.
Ce livre ne porte plus sur des notions rudimentaires, il suppose le lecteur au fait des donnĂ©es Ă©lĂ©mentaires contenues dans les prĂ©cĂ©dents ouvrages de l’auteur. Toujours fidèle Ă l’objectif essentiel du Philosophe Inconnu, il a pour but d’exposer aux hommes « le tableau de leurs vĂ©ritables titres, et de faire, que frappĂ©s par la grandeur de leur origine, ils ne nĂ©gligent rien pour faire revivre leurs privilèges… »
En exergue de son livre, Louis-Claude de Saint-Martin pose en affirmation une phrase extraite de son ouvrage prĂ©cĂ©dent : « L’Homme est le mot de toutes les Ă©nigmes. » Ă€ l’image de Descartes qui eut l’idĂ©e d’appliquer l’algèbre Ă la gĂ©omĂ©trie, Saint-Martin voudrait faire de l’homme, « l’universel instrument », la mesure qui permet de tout analyser et comprendre. Cette connaissance aura, selon lui, pour consĂ©quence essentielle de rĂ©tablir l’homme dans ses prĂ©rogatives perdues. Dans cette position, il pourra enfin remplir son « Ministère ».
« L’homme est un ĂŞtre chargĂ© de continuer Dieu lĂ oĂą Dieu ne se fait plus connaĂ®tre lui-mĂŞme. »
(Ministère de l’homme-esprit)
Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu,
l’homme et l’univers
Le Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’homme et l’univers est un ouvrage fondamental pour ceux qui cherchent Ă comprendre les mystères de la CrĂ©ation. Pour Louis-Claude de Saint-Martin, l’homme porte en lui la clĂ© de tous les mystères. Se connaĂ®tre soi-mĂŞme est la condition primordiale pour accĂ©der Ă la Connaissance. Les textes sacrĂ©s nous enseignent que l’histoire de l’humanitĂ© est liĂ©e Ă un drame en trois actes. Le premier est celui de l’âge d’or le deuxième celui d’une chute douloureuse dans la matière le troisième, qui reste Ă venir, sera marquĂ© par une rĂ©demption, une rĂ©intĂ©gration dans le Divin. L’auteur s’efforce de percer le sens Ă©sotĂ©rique de ces trois Ă©tapes. il montre aussi que si l’homme nourrissait sa volontĂ© Ă la chaleur de l’Amour divin, il accĂ©derait Ă la rĂ©gĂ©nĂ©ration d’une manière naturelle, et l’humanitĂ© trouverait la Connaissance menant Ă la Paix Profonde.
Le Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l’homme et l’univers est le deuxième livre Ă©crit par Louis-Claude de Saint Martin. Il a Ă©tĂ© publiĂ© en 1782, soit sept ans après Des Erreurs et de la VĂ©ritĂ©. C’est un ouvrage fondamental pour ceux qui cherchent Ă comprendre les mystères de la CrĂ©ation. Louis-Claude de Saint-Martin nous y indique en effet que c’est en l’homme que se trouve la clĂ© de tous ces mystères. Se connaĂ®tre soi-mĂŞme, c’est pour lui la condition primordiale pour accĂ©der Ă la Connaissance. C’est pour cette raison qu’il place en exergue de son livre une phrase extraite de son prĂ©cĂ©dent ouvrage invitant à « expliquer les choses par l’homme et non l’homme par les choses ». Dans cette optique, il nous propose de rĂ©flĂ©chir sur l’histoire de l’humanitĂ©.
Cette histoire peut se lire comme un drame en trois actes. Le premier est celui de l’âge d’or ; le deuxième, celui d’une douloureuse chute dans la matière ; le troisième, qui reste Ă venir, sera marquĂ© par une rĂ©demption, une rĂ©intĂ©gration dans le Divin. L’auteur s’efforce de percer le sens Ă©sotĂ©rique de ces Ă©tapes en se basant sur la thĂ©orie de la rĂ©intĂ©gration qu’il tient de Martinès de Pasqually, le mystĂ©rieux fondateur de l’Ordre des Élus-Cohens.
Mais l’ouvrage de Louis-Claude de Saint-Martin s’inscrit aussi dans le dĂ©bat du XVIIIe siècle relatif Ă l’origine et au rĂ´le des religions et des mythologies. En effet, son Tableau naturel se situe entre deux publications importantes, celle du Monde primitif analysĂ© et comparĂ© avec le monde moderne, d’Antoine Court de GĂ©belin (1719-1784) et l’Origine de tous les cultes ou Religion universelle, de Charles-François Dupuis (1794). Ă€ la lecture du livre du Philosophe Inconnu, on s’Ă©tonne de son exceptionnelle connaissance de la mythologie, mais on dĂ©plore cependant son ignorance de la religion musulmane. Sur ce point, il adopte une attitude critique très rĂ©pandue au XVIIIe siècle, comme en tĂ©moignent les positions de l’abbĂ© de Saint-Pierre et de Voltaire.
Un des thèmes particulièrement intĂ©ressants qu’aborde le Tableau naturel est celui de l’origine de la pensĂ©e. Il montre que l’impasse dans laquelle se trouve l’homme rĂ©sulte de la confusion qui règne dans les pensĂ©es d’un ĂŞtre qui s’est coupĂ© de sa source. MĂ©ditant sur le ternaire : pensĂ©e, volontĂ© et action, il invite l’homme Ă se ressourcer Ă la chaleur de l’Amour divin. Ce faisant, l’homme retrouverait ses racines, sa rĂ©gĂ©nĂ©ration pourrait s’opĂ©rer naturellement et il accĂ©derait Ă la Connaissance conduisant Ă la Paix Profonde.
Dans sa Notice biographique sur Louis-Claude de Saint-Martin (1824), Jean-Baptiste-Modeste Gence prĂ©sente ainsi l’argument et le plan du livre du Philosophe Inconnu.
Dans cet ouvrage, composĂ© Ă Paris d’après le conseil de quelques amis, l’auteur infère, de la supĂ©rioritĂ© des facultĂ©s de l’homme et de ses actes sur les organes des sens et sur ses productions, que l’existence de la nature soit gĂ©nĂ©rale, soit particulière, est Ă©galement le produit de puissances crĂ©atrices supĂ©rieures Ă ce rĂ©sultat. Cependant, l’homme est dans la dĂ©pendance des choses physiques, dont il n’acquiert l’idĂ©e que par l’impression qu’elles font sur ses organes. Mais il a, en mĂŞme temps, des notions d’une autre classe, des idĂ©es de loi et de puissance, d’ordre et d’unitĂ©, de sagesse et de justice. Il est ainsi dĂ©pendant de ses idĂ©es intellectuelles et morales, de mĂŞme que des idĂ©es tirĂ©es des sens. Or celles-lĂ n’en viennent pas : elles partent donc d’une autre source ; de facultĂ©s extĂ©rieures qui produisent en lui les pensĂ©es. Mais d’oĂą est nĂ©e cette dĂ©pendance ? Du dĂ©sordre produit par une cause infĂ©rieure, qui s’est opposĂ©e Ă la cause supĂ©rieure, et qui a cessĂ© d’ĂŞtre dans sa loi. L’homme est tombĂ©: dès lors ce qui existait en principe immatĂ©riel a Ă©tĂ© sensibilisĂ© sous des formes matĂ©rielles. L’ordre et le dĂ©sordre se sont manifestĂ©s. NĂ©anmoins, tout tend Ă rentrer dans l’unitĂ© d’oĂą tout est sorti. Si, par suite de cette chute, les vertus ou facultĂ©s morales et intellectuelles ont Ă©tĂ© partagĂ©es pour l’homme, il doit travailler en revivifiant sa volontĂ© par le dĂ©sir, Ă recouvrer celles dont il a Ă©tĂ© sĂ©parĂ©. Mais sa rĂ©gĂ©nĂ©ration ne peut s’opĂ©rer qu’en vertu de l’acte du RĂ©parateur, dont le sacrifice a remplacĂ© les expiations qui avaient lieu avant la loi de l’esprit.
Le Tableau naturel est un ouvrage fondamental du Martinisme. Il constitue un complĂ©ment indispensable au maĂ®tre livre de cette tradition, le TraitĂ© sur la rĂ©intĂ©gration des ĂŞtres de Martinès de Pasqually, dont nous avons fourni une version dans cette mĂŞme collection. Depuis sa première parution en 1782, le Tableau naturel connut peu d’Ă©ditions. En 1900, Papus le publia avec une prĂ©face chez Chamuel, dans la collection « Bibliothèque Martiniste ». Il fallut ensuite attendre 1946 pour en trouver une nouvelle version aux Éditions du Griffon d’Or, avec une introduction de Philippe Lavastine. Enfin, la dernière publication, due Ă Robert Dumas, remonte Ă 1974. Nous sommes donc heureux de proposer Ă nouveau au lecteur un texte introuvable depuis des annĂ©es.
Le Nouvel-Homme
Louis-Claude de Saint-Martin se consacra Ă rappeler aux hommes leur origine divine, afin de les inciter Ă suivre la voie de la rĂ©intĂ©gration. En effet, depuis la chute d’Adam, l’homme est comme emprisonnĂ© dans son enveloppe terrestre. Comment se libĂ©rer de cette condition et sortir de ce « vieil homme » pour renaĂ®tre en esprit dans un « Nouvel Homme » ? Dans ce livre, le Philosophe Inconnu rĂ©pond Ă cette question et indique quel chemin nous devons suivre pour engendrer en nous cet ĂŞtre purifiĂ© qui redonnera Ă l’homme sa vĂ©ritable dimension.
La réédition de ce livre constitue un Ă©vĂ©nement majeur pour tous ceux qui s’intĂ©ressent Ă la pensĂ©e saint-martinienne et en premier chef pour les Martinistes. C’est Ă Paris, chez les directeurs de l’imprimerie du Cercle Social, pendant l’an IV de la libertĂ© (1795-96) que ce livre connut sa première Ă©dition.
Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) a composĂ© cet ouvrage Ă Strasbourg en 1790. Ce livre, tout comme celui qu’il publia en 1790, L’Homme de DĂ©sir, souligne la nouvelle orientation de Saint-Martin. En effet, depuis 1775, il a pris ses distances avec l’Ordre des Élus-Cohen. La voie externe, celle de la thĂ©urgie, que prĂ©conisait Martinès de Pasqually aux Élus-Cohen, lui semble inutile et dangereuse. Cette voie, celle des manifestations sensibles, il la suivait depuis 1768. Elle ne l’avait pas sĂ©duit totalement, ses penchants naturels l’entraĂ®naient vers la voie interne, celle du cĹ“ur. Saint-Martin va prendre « ailleurs que chez Martinès le chemin du rĂ©parateur ».
Afin de prendre du recul, il voyage en Angleterre, en Italie et en Allemagne, pour « Ă©tudier l’homme et la nature et pour confronter le tĂ©moignage des autres avec le sien ». Ă€ Londres, il visite les temples de la JĂ©rusalem Nouvelle et juge durement cette voie dont il estime qu’elle ne « mène pas loin ». C’est Ă©galement une dĂ©ception qui l’attend Ă son arrivĂ©e Ă Strasbourg. Il y constate les succès de ceux qui ne s’intĂ©ressent qu’au spectaculaire, des « professeurs de sciences occultes, auxquels le vulgaire ignorant donne indiffĂ©remment le nom d’illuminĂ©s ». C’est Ă Strasbourg Ă©galement, qu’il prendra connaissance des ouvrages de celui qui deviendra son second MaĂ®tre, Jacob Boehme (1575-1724).
Dans la vieille ville impĂ©riale du Rhin, devenue française, il rencontre aussi le chevalier Silverhielm, ancien aumĂ´nier du roi de Suède et neveu de Swedenborg. Le chevalier Silverhielm pensait convertir Saint-Martin Ă son maĂ®tre Swedenborg. Il est guère probable qu’il parvint Ă ses fins, d’ailleurs Saint-Martin dans son Homme de DĂ©sir semble rĂ©servĂ© par rapport aux thĂ©ories du visionnaire suĂ©dois : « Mille preuves dans ses ouvrages, qu’il a Ă©tĂ© souvent et grandement favorisĂ© ! Mille preuves qu’il a Ă©tĂ© souvent et grandement trompĂ© ! Mille preuves qu’il n’a vu que le milieu de l’oeuvre et qu’il n ‘en a connu ni le commencement ni la fin ! »
Sur les conseils du neveu de Swedenborg, Saint-Martin Ă©crit Le Nouvel Homme. Dans cet ouvrage, le Philosophe Inconnu ne dĂ©veloppe pas de grandes thĂ©ories sur les nombres, le livre de l’homme ou l’origine des langues comme il l’a fait dans ses deux premiers livres (Des Erreurs et de la VĂ©ritĂ©, 1775; Le Tableau Naturel, 1782). Cet ouvrage est selon J. Gence plutĂ´t une exhortation qu’un enseignement.
La vĂ©ritĂ© ne demande pas mieux que de faire alliance avec l’homme ; mais elle veut que ce soit avec l’homme seul, et sans aucun mĂ©lange de tout ce qui n’est pas fixe et Ă©ternel comme elle.
(Nouvel-Homme)
Le Temple du cœur
Pour Louis-Claude de Saint-Martin, la prière est la clĂ© fondamentale du cheminement mystique, voire de l’initiation. Elle est l’acte le plus pur dont l’homme soit capable. Le but de ce livre est
prĂ©cisĂ©ment d’offrir aux « Hommes de DĂ©sir », aux chercheurs en quĂŞte d’Absolu, les conseils Ă©clairĂ©s du Philosophe inconnu sur cet art. La première partie de cet ouvrage est consacrĂ©e Ă des conseils sur la manière de se retirer dans le calme de son temple intĂ©rieur, afin de prier. La seconde comporte dix prières mystiques, ainsi que deux recueils de pensĂ©es et d’aphorismes. L’ensemble constitue une Ĺ“uvre très inspirante pour tout adepte des « vĂ©ritĂ©s Ă©ternelles ».
En 1807, quatre ans après la mort de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), son petit-cousin et disciple, Nicolas Tournier, publia quelques manuscrits inédits du Philosophe Inconnu. Ces Œuvres posthumes regroupent des textes très différents les uns des autres. On y trouve aussi bien des traités relatifs aux enseignements martinistes, que des fragments littéraires, des extraits de son journal personnel, des pensées, des prières, des poèmes, etc.
Après plusieurs rééditions successives, ces volumes sont aujourd’hui Ă©puisĂ©s et quelques-uns des textes, dont Nicolas Tournier n’avait donnĂ© que des extraits, ont Ă©tĂ© depuis Ă©ditĂ©s dans leur intĂ©gralitĂ©. C’est le cas notamment du journal de Saint-Martin et de son recueil de pensĂ©es qui ont Ă©tĂ© publiĂ©s par Robert Amadou, respectivement sous les titres de : Mon portrait historique et philosophique (1789-1803) et Mon livre vert .
Nous avons pensé intéressant de publier à nouveau les textes les plus importants de ces œuvres posthumes en les regroupant de manière thématique. Ainsi ce volume, intitulé Le Temple du cœur, reprend les quatre textes les plus mystiques des Œuvres posthumes.
Le premier, « Fragments d’un traitĂ© sur l’admiration », est un petit traitĂ© sur la prière. Cette « admiration », c’est la prière de contemplation qui nous fait participer au mystère divin. Elle s’apparente Ă la mĂ©ditation, Ă la communion silencieuse. Pour Saint-Martin, la prière est la clĂ© fondamentale du cheminement mystique, voire de l’initiation. Elle est l’acte le plus pur dont l’homme soit capable. Pour exercer cet art, point n’est besoin de temple extĂ©rieur, nous dit le Philosophe Inconnu, car l’homme possède en lui un sanctuaire idĂ©al : son cĹ“ur. Aussi, tout l’art de la prière consiste-t-il Ă descendre dans ce temple du cĹ“ur. Ce principe quĂ©nonce Louis-Claude de Saint-Martin rattache la prière martiniste Ă la prière du coeur de l’hĂ©sychasme .
Les « Dix Prières » qui constituent la deuxième partie de ce volume offrent un beau témoignage de la pratique mystique recommandée par Saint-Martin.
Leur vocabulaire utilise les Ă©lĂ©ments de la doctrine de la rĂ©intĂ©gration de son premier MaĂ®tre, Martinès de Pasqually. L’influence sophianique de son second MaĂ®tre, Jacob Boehme, y est aussi prĂ©sente. La mĂ©lancolie qui se dĂ©gage de certaines d’entre elles n’est pas sans Ă©voquer l’influence que les kabbalistes chrĂ©tiens et les magiciens de la Renaissance cherchaient Ă capter en se plaçant sous l’influence de Saturne. Cet Ă©tat d’âme Ă©tait censĂ© favoriser les communications avec les mondes supĂ©rieurs. N’oublions pas que Martinès de Pasqually accordait une grande importance Ă cette planète. Il en fait la porte de la rĂ©intĂ©gration, celle qui marque la frontière entre le monde cĂ©leste et le monde surcĂ©leste. Par ailleurs, Moshe Idel a soulignĂ© la valeur thĂ©urgique des larmes. Il indique que parmi les diverses techniques utilisĂ©es par les kabbalistes pour provoquer des visions mystiques ou des rĂ©vĂ©lations, on trouve celle des « pleurements ».
Les deux derniers textes de ce volume proposent Ă notre mĂ©ditation deux sĂ©ries de pensĂ©es tirĂ©es de manuscrits de Louis-Claude de Saint-Martin. La première en comporte cinquante-deux. Quant Ă la seconde, elle regroupe deux cent trois pensĂ©es extraites d’un manuscrit qui en comportait mille. Pour ces dernières, nous n’avons pas respectĂ© la numĂ©rotation de l’Ă©dition de Letourmy Ă cause de ses nombreuses erreurs. Le lecteur dĂ©sireux de s’y reporter trouvera en fin de volume une table de correspondances entre notre Ă©dition, celle de Letourmy et celle de Robert Amadou. Au fil de ces pensĂ©es, on peut dĂ©couvrir un vĂ©ritable traitĂ© mystique, rĂ©digĂ© d’une manière non systĂ©matique. Ces textes comportent Ă©galement des aphorismes et des notes autobiographiques qui nous font entrer dans l’intimitĂ© d’un mystique authentique doublĂ© d’un Ă©crivain au style remarquable.
Le but du prĂ©sent volume est d’offrir aux « Hommes de DĂ©sir », aux chercheurs d’absolu, un livre de chevet dans lequel ils puissent trouver Ă la fois des conseils sur la manière de se retirer dans le calme de leur temple intĂ©rieur et des textes destinĂ©s Ă nourrir leur mĂ©ditation et leur rĂ©flexion.
Les Voies de la Sagesse
Les Voies de la Sagesse regroupe quatre textes de Louis-Claude de Saint-Martin. Ces Ă©crits n’Ă©taient pas destinĂ©s au grand public, mais Ă ses frères Martinistes des Loges Élus Cohen. ils abordent donc la philosophie et la cosmogonie martinistes d’une manière beaucoup plus directe. De ce fait, ce sont des textes fondamentaux pour comprendre la doctrine de la rĂ©intĂ©gration, celle qui Ă©voque l’exil de l’homme hors du Divin et son retour vers son Royaume perdu. Dans ces quatre textes, Louis-Claude de Saint-Martin Ă©voque le rĂ´le de l’homme et des ĂŞtres qui peuplent les diffĂ©rentes sphères de la CrĂ©ation : mondes terrestre, cĂ©leste et surcĂ©leste.
En 1807, quatre ans après la mort de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), son neveu, M. Tournier, publia quelques manuscrits inédits du Philosophe Inconnu. Ces Œuvres posthumes regroupent des textes très différents les uns des autres. On y trouve aussi bien des traités relatifs aux enseignements martinistes, que des fragments littéraires, des extraits de son journal personnel, des pensées, des prières, des poèmes, etc.
Après plusieurs rééditions successives, ces volumes sont aujourd’hui Ă©puisĂ©s et quelques-uns des textes, dont M. Letourmy n’avait donnĂ© que des extraits, ont Ă©tĂ© depuis Ă©ditĂ©s dans leur intĂ©gralitĂ©. C’est le cas notamment du journal de Saint-Martin et de son recueil de pensĂ©es qui ont Ă©tĂ© publiĂ©s par Robert Amadou respectivement sous les titres de : Mon portrait historique et philosophique (1789-1803) et Mon livre vert.
Nous avons pensĂ© intĂ©ressant de publier Ă nouveau les textes les plus importants de ces Ĺ’uvres posthumes en les regroupant de manière thĂ©matique. Ainsi, ce premier volume, intitulĂ© Les Voix de la Sagesse, rassemble des traitĂ©s qui abordent les aspects essentiels de la philosophie et de la cosmogonie martinistes. Cette Ă©dition sera suivie d’un second volume : Le Temple du cĹ“ur. Ce dernier reprendra les textes les plus mystiques des Ĺ’uvres posthumes, comme le traitĂ© sur la prière qu’il Ă©crivit sous le titre : « Les voies de l’admiration », ainsi que les pensĂ©es et les prières.
Les quatre textes constituant ce premier volume sont d’autant plus intĂ©ressants que, contrairement Ă ceux que l’on trouve dans les livres que publia le Philosophe Inconnu, ils sont plus faciles Ă apprĂ©hender. En effet, avec ses livres, Louis-Claude de Saint-Martin s’adressait au grand public. Aussi, pour ne pas trahir le secret de l’initiation, il prit soin d’en masquer le sens vĂ©ritable, ce qui explique le fait qu’ils soient parfois si difficiles Ă pĂ©nĂ©trer. Il n’en est pas de mĂŞme pour les textes que nous prĂ©sentons ici. En effet, ces derniers n’Ă©taient pas destinĂ©s Ă la publication, mais Ă l’enseignement de ceux qui avaient Ă©tĂ© initiĂ©s dans l’Ordre des Élus-Cohens. Ils abordent donc la philosophie martiniste d’une manière beaucoup plus directe.
Cette philosophie Ă©voque le cheminement de l’homme vers sa rĂ©intĂ©gration dans le Divin. Elle trouve sa source dans le cĂ©lèbre TraitĂ© sur la rĂ©intĂ©gration des ĂŞtres, de Martinès de Pasqually. Les textes que nous publions ici constituent une aide prĂ©cieuse, voire indispensable, pour mieux comprendre la doctrine de la rĂ©intĂ©gration exposĂ©e par Martinès de Pasqually. Il faut d’ailleurs souligner que pour pĂ©nĂ©trer au cĹ“ur de la pensĂ©e de Louis-Claude de Saint-Martin, il est indispensable de possĂ©der les notions essentielles prĂ©sentĂ©es dans le « traitĂ© » de Martinès de Pasqually. Les quatre textes qui composent le volume des Voies de la Sagesse sont donc des Ă©crits fondamentaux pour comprendre les idĂ©es principales de la philosophie martiniste, système basĂ© sur une vision particulière du monde. Dans celui-ci, chaque ĂŞtre, qu’il appartienne au Monde terrestre, Ă l’immensitĂ© cĂ©leste ou Ă l’ImmensitĂ© surcĂ©leste joue un rĂ´le particulier, tout en restant en Ă©troite interdĂ©pendance avec l’ensemble de la CrĂ©ation. Ainsi en est-il de l’homme et des autres Esprits spirituels comme nous l’indiquent les quatre textes du Philosophe Inconnu que nous publions ici.
L’Homme de dĂ©sir
Louis-Claude de Saint-Martin, justement surnommĂ© le Philosophe Inconnu, incarne, Ă la jonction dramatique du XVIIIe et du XIXe siècle, l’Illuminisme et le Gnosticisme : il en renouvelle l’expression dans une Parole très pure.
L’Homme de dĂ©sir, paru presqu’en mĂŞme temps que Le GĂ©nie du Christianisme, eut une fortune plus secrète et, peut-ĂŞtre, une plus profonde influence : Victor Hugo, Balzac, Lamennais, Sainte-Beuve, bien d’autres encore ont mĂ©ditĂ© ces versets dont l’harmonie scande une sagesse et un savoir.
Introuvable depuis un siècle et demi, voici donc le texte de l’Homme de dĂ©sir : il a beaucoup Ă dire en un temps oĂą certains voudraient ne voir en l’homme que la « machine dĂ©sirante ».
Les merveilles du seigneur semblent jetées sans ordre et sans dessein dans le champ de l’immensité.
Elles brillent éparses comme ces fleurs innombrables dont le printemps émaille nos prairies.
Ne cherchons pas un plan plus régulier pour les décrire. Principes des êtres, tous tiennent à toi.
C’est leur liaison secrète avec toi, qui fait leur valeur, quelle que soit la place et le rang qu’ils occupent.
J’oserai élever mes regards jusqu’au trône de ta gloire. Mes pensées se vivifieront en considérant ton amour pour les hommes, et la sagesse qui règne dans tes ouvrages.
Ta parole s’est subdivisée lors de l’origine, comme un torrent qui du haut des montagnes se précipite sur des roches aiguës.
Je le vois rejaillir en nuages de vapeurs ; et chaque goutte d’eau qu’il envoie dans les airs, réfléchit à mes yeux la lumière de l’astre du jour.
Ainsi tous les rayons de ta parole font briller aux yeux du sage ta lumière vivante et sacrée ; il voit ton action produire et animer tout l’univers.
Objets sublimes de mes cantiques, je serai souvent forcé de détourner ma vue de dessus vous.
L’homme s’est cru mortel parce qu’il a trouvé quelque chose de mortel en lui ; Et même celui qui donne la vie à tous les êtres, l’homme l’a regardé comme n’ayant ni la vie, ni l’existence.
Et toi, Jérusalem, quels reproches n’ont pas à te faire les prophètes du Seigneur !
Tu as pris ce qui servait à te parer, dit le Seigneur, et qui était fait de mon or et de mon argent, que je t’avais donnés ; tu en as formé des images d’hommes auxquelles tu t’es prostituée.
Cris de la douleur, mêlez-vous à mes chants d’allégresse ; la joie pure n’est plus faite pour le triste séjour de l’homme.
Des preuves irrésistibles sur les vérités premières, n’ont- elles pas déjà été manifestées aux nations ?
S’il vous reste des doutes, allez vous purifier dans ces sources. Puis vous reviendrez unir votre voix à la mienne ;
Et nous cĂ©lĂ©brerons ensemble les joies de l’homme de dĂ©sir, qui aura eu le bonheur de pleurer pour la vĂ©ritĂ©. (L’Homme de dĂ©sir, n° 1)
Présence de Louis-Claude de Saint-Martin
Ce volume regroupe des textes inédits du Philosophe Inconnu :
Instructions sur la Sagesse
Instructions sur un autre plan…
On trouvera dans ce volume dix inédits importants de Louis-Claude de Saint Martin publiés pour la première fois par Robert Amadou, ainsi que des études de divers spécialistes réunis en colloque à Tours. (1986)
Comme il n’est rien que j’aime plus que toi, homme, je veux te montrer tout ce que j’ai fait en ta faveur, et tout ce que tu dois attendre de moi, pour peu que tu m’aimes Ă ton tour. Je ne te demande que de la confiance en mes promesses, et je te donnerai cent fois plus que je ne t’aurai promis. Je dissiperai toutes tes craintes, j’Ă©claircirai tous tes doutes. Je suis la force et la lumière mĂŞme.
Le premier doute qui te tourmente est de savoir pourquoi tu te trouves emprisonnĂ© dans une Ă©paisse matière, dont les besoins et la corruption te retiennent comme dans l’esclavage et t’entraĂ®nent si souvent dans la confusion. Pour te tranquilliser sur ce point, je t’apprendrai qu’avant ta formation et celle de cet univers, j’avais Ă©manĂ© de moi-mĂŞme des ĂŞtres spirituels comme toi. Je les avais Ă©manĂ©s pour ma gloire, pour qu’ils me rendissent ce culte d’amour et de vĂ©nĂ©ration qui m’est agrĂ©able et qui en mĂŞme temps fait le bonheur de l’ĂŞtre qui ne cherche qu’Ă m’honorer.
En qualitĂ© d’ĂŞtres spirituels, ils Ă©taient libres et, comme Ă©manant de moi, ils avaient une loi prise dans leur Ă©manation mĂŞme, qui consistait Ă ne pouvoir sortir des bornes de leur nature et Ă ne pouvoir jamais s’Ă©galer Ă moi, quelque violents que fussent leurs efforts. Car je suis le seul ĂŞtre, et il n’y en aura jamais de semblable Ă moi. Ils avaient encore un prĂ©cepte pour les diriger dans le culte qui devait faire l’essence de leur nature spirituelle, et un commandement pour l’exĂ©cuter.
Si ces ĂŞtres n’eussent pas tentĂ© de sortir des bornes que je leur avais prescrites en les Ă©manant de moi, s’ils eussent marchĂ© selon mes prĂ©ceptes et qu’ils n’eussent point abusĂ© de leur commandement, une paix inaltĂ©rable et des dĂ©lices sans nombre eussent Ă©tĂ© leur rĂ©compense, le mal serait encore inconnu. Mais, Ă©tant indĂ©pendants de moi, quant Ă leurs volontĂ©s et actions spirituelles, je ne pouvais contraindre leur libre-arbitre sans le dĂ©truire. Ils avaient en eux un principe de vie indestructible que je donne Ă tout ce qui Ă©mane de moi, et que je laisse ensuite opĂ©rer selon son grĂ©, sans que je sois pour rien dans l’action de l’ĂŞtre qui en est revĂŞtu.
(Instruction sur la Sagesse)
Controverse avec Garat
Textes inĂ©dits, prĂ©cĂ©dĂ©e d’autres Ă©crits philosophiques.
Corpus des œuvres de philosophie en langue française, sous la direction de Michel Serres. (Texte revu par Robert Amadou).
Élève des Écoles normales de la RĂ©publique en 1795, Saint-Martin voit dans cette Ă©cole, un foyer d’athĂ©isme et de matĂ©rialisme. Le citoyen de Saint-Martin assiste au « cours d’analyse de l’entendement » du citoyen Garat : de lĂ sortit la cĂ©lèbre controverse qui, globalement, oppose l’illuminisme aux Lumières, en particulier sur la fonction des signes par rapport Ă la langue et au sens, lesquels, pour le Philosophe, ont leur source dans la parole spirituelle issue du Verbe divin. « Dans tout ce qui peut ĂŞtre connu de nous… il n’y a rien qui ne vienne par une semence et par un germe » : le principe s’applique Ă la pensĂ©e, au langage, aux sciences, Ă la morale et Ă la politique – la RĂ©volution mĂŞme, nonobstant ses principes faux, rĂ©pond Ă un dessein de la Providence.
Sont rassemblés dans ce volume, les textes publiés dans les Séances des Écoles normales, recueillies par des sténographes, et revues par les professeurs. Nouvelle édition. Débats. Tome troisième, Paris, Cercle social, 1801-an 9 (sic pour fin 1802)
Ce recueil propose les textes suivants :
-Discours sur la question suivante, proposĂ©e par l’AcadĂ©mie royale des sciences et belles lettres de Prusse : Quelle est la meilleure manière de rappeler Ă la raison les nations, tant sauvages que policĂ©es, qui sont livrĂ©es Ă l’erreur et aux superstitions de tout genre ?
–Lettre Ă un ami ou ConsidĂ©rations politiques, philosophiques et religieuses sur la RĂ©volution Française, Paris, Louvet et Migneret, an III (mai 1795).
-RĂ©flexions d’un observateur sur la question : Quelles sont les institutions les plus propres Ă fonder la morale d’un peuple ?, s.l.n.d. (Paris, 1797).
-Essai sur les signes et sur les idĂ©es, relativement Ă la question de l’Institut : DĂ©terminer l’influence des signes sur la formation des idĂ©es, s.l. (Paris), an VII (janvier 1799).
-Cahier de mĂ©taphysique, suivi des observations sur les signes et les idĂ©es et rĂ©futation des principes de M. GĂ©rando, publiĂ© pour la première fois, d’après la copie de Cartier (ms. Watkins), dans l’Initiation, 1966, n°3 pp. 147-157 et n°4, pp. 237-243; 1968, n°3, pp 156-167. Ces notes ont Ă©tĂ© consignĂ©es par l’auteur vers 1800.
Les Nombres
Œuvre posthume : texte intégral et dessins de Saint-Martin (première édition conforme au manuscrit original). Introduction et notes par Robert Amadou.
Pour Saint-Martin, les nombres ne sont que la traduction abrĂ©gĂ©e, ou la langue concise des vĂ©ritĂ©s et des lois dont le texte et les idĂ©es sont dans Dieu, dans l’homme et dans la nature.
Et tantôt de répéter, tantôt de présupposer, conformément à la tradition reçue et répercutée par Martinès : les nombres ne sont pas une simple marque dont seraient frappés les êtres. Mais à chacun de ceux-ci, Dieu a donné la propriété, et cette propriété se manifeste par le nombre.
L’arithmosophie de Saint-Martin particularise la ligne martinĂ©sienne en l’ordonnant, selon le gĂ©nie propre de Saint-Martin, dans la forme verbale et selon un christianisme plus orthodoxe.
Les nombres que la traduction abrégée ou la langue concise des vérités et des lois dont le texte et les idées sont dans Dieu, dans l’homme et dans la nature.
(Les Nombres)
Lettre à un ami, ou considération politiques philosophiques
et religieuses sur la Révolution française
Dans cet ouvrage Ă©crit sous la forme d’une lettre, Louis-Claude de Saint-Martin prĂ©sente ses rĂ©flexions sur la RĂ©volution. Loin d’ĂŞtre un manuel d’histoire, c’est un texte dans lequel il expose sous une forme abrĂ©gĂ©e les idĂ©es exprimĂ©es dans ses ouvrages prĂ©cĂ©dents sur les origines et la finalitĂ© de l’homme et de la CrĂ©ation. Ces caractĂ©ristiques en font un livre particulièrement intĂ©ressant.
Ajoutons qu’il est agrĂ©mentĂ© d’une prĂ©sentation et de notes de Nicole Jacques-Lefèvre, l’une des plus grandes spĂ©cialistes du Philosophe Inconnu.
Sommaire
- Saint-Martin dans la Révolution
- Une pĂ©riode d’intense activitĂ©
- Saint-Martin témoin et commentateur de la Révolution
- La Lettre à un ami : une lecture illuministe de la Révolution française
- Circonstances de l’Ă©criture et de la rĂ©ception de la Lettre Ă un ami
- Quelques caractĂ©ristiques de l’Ă©criture de la Lettre
- Le politique et l’illuminisme
- La Révolution comme avènement du sujet
- Un rĂŞve utopique ?
- Saint-Martin et Rousseau
- Saint-Martin et la Révolution : bibliographie
Mon livre vert
Col. : « Documents martinistes 28 », texte établi et publié intégralement pour la première fois par Robert Amadou.
Louis-Claude de Saint Martin, MaĂ®tre de thĂ©osophie, a tenu plusieurs recueils de pensĂ©es. Celui-ci, qu’il dĂ©signait comme Mon livre vert (on a conservĂ© le titre familier) et dont quelques fragments
étaient seuls connus, présente, dans son genre, une originalité.
Des notes autobiographiques et des aphorismes de moraliste dĂ©couvrent un peu mieux la figure si attachante du Philosophe Inconnu. Surtout, voici en 1000 articles (car confidences et maximes sont aussi des pensĂ©es) un vĂ©ritable traitĂ©, non systĂ©matique mais quasi complet, sous la forme la plus accessible, d’une doctrine de vie. Vastes pans et points de dĂ©tail, commentaire des idĂ©es courantes en France peu avant 1785, Mon livre vert, enfin mis au jour, est indispensable pour comprendre et pĂ©nĂ©trer la rĂ©intĂ©gration des ĂŞtres, telle que l’a Ă©laborĂ©e un immense illuminĂ©, mystique authentique et bon Ă©crivain, adversaire des prĂ©tendues lumières, au message très actuel.
C’est un grand travail que de chercher Ă nous connaĂ®tre tels que nous sommes ; mais il faut ensuite travailler Ă nous connaĂ®tre tels que nous devrions ĂŞtre. Ces deux sciences sont liĂ©es et doivent continuellement nous occuper. Une troisième science vient après ces deux, et est sans doute la plus difficile de toutes. C’est qu’après avoir appris Ă connaĂ®tre ce que nous devrions ĂŞtre, il faut travailler sans relâche Ă le devenir.
(Livre vert, n° 993)









